Retour sur le triathlon de Quimperlé dans sa version M. Récit à lire jusqu'au bout car on finit sur un scoop.

Nicolas B. :

Je prends ma petite plume pour vous conter l’aventure d’un triathlon M (mais XXL sur l’échelle du plaisir).

J’ai donc participé au triathlon de Quimperlé, le 04 juin dernier. J’ai décidé de concourir sur cette compétition car je souhaitais vraiment nager en mer. C’est beaucoup plus agréable que de barboter dans la Mayenne, infesté de nombreuses bestioles éminemment nuisible pour l’homme.

Après 2h30 de route, j’arrive 2 heures avant l’ouverture du parc. Cela me laisse le temps de me préparer convenablement, sans la précipitation. Le rituel de préparation est engagé : « c’est toujours les mêmes gestes, d’abord la jambe gauche, chaussettes, chaussures, puis la jambe droite et puis une gorgée de Contrex » (mon contrat minceur). Je décide de partir 45 minutes à vélo pour découvrir les lieux. Le temps est très clément, le soleil est au zénith, et un léger vent est également de la partie. Les conditions sont optimales. Cet échauffement sur ma monture me procure de bonnes sensations et surtout m’ a permis d’observer que la région était truffée d’endroits forestiers et ombragés. C’est une belle nouvelle pour la course. Car la chaleur commence à se faire ressentir.

C’est le moment d’emmener mon bicycle, et qu’elle fasse connaissance avec ces compatriotes. Avant d’entrer au parc, je suis dans une longue file d’attente. Cela me permet de jeter un coup d’œil sur les machines des autres participants. Et là, j’avais l’impression d’être au salon d’exposition du vélo. Les vélos étaient tous plus beaux les uns que les autres. Des machines de l’espace, énormément de  vélos contre la montre, des roues pleines à gogo. Pendant un instant, je me suis imaginé que l’arbitre à l’image des videurs de boite de nuit, me refuserait l’accès au parc prétextant un manque de standing.

Le front ruisselant de sueur, les mains tremblantes, et le pas timides, j’approche de l’arbitre. Il observe attentivement mon vélo, il me scrute précisément de la tête au pied. Je sens une hésitation. Et là je sors ma dernière carte. Je lui dit d’une voix franche et sur un ton affirmée « je connais très bien Monsieur LE PRESIDENT Julien Come » Il me rétorque avec un large sourire  « c’est bon allez y, bonne course »

Je suis passé in extrémiste. Je pose mon torpédo à l’emplacement numéro 327. Et je poursuis mon échauffement en  partant courir sur le bord de mer. Je réalise la chance que j’ai en observant ce paysage splendide défilant devant mes yeux. C’est l’explosion de couleur. La mer est multicolore, du bleu, du vert, du marron. Et la cote est bordé de roches et recouvertes d’un duvet verdoyant. C’est magique.

Le départ natation est donné à 1 kilomètre du parc à vélo. Nous partons avec l’ensemble des participants vers la plage. La tension est palpable. Le silence règne. A mesure que l’on approche de la plage, le silence disparait, laissant place au bruit des vagues. Nous profitons des quelques minutes avant le départ pour prendre la température de l’eau et surtout apprécié la houle qui façonne la mer en ondulant sa robe. La température est très agréable. Je suis tellement bien que j’en oublie le départ. Le départ est donné à l’australienne. J’arrive à la dernière minute et espère m’incruster en première ligne. Je vois tout de suite que je ne suis pas le bien venu. Je tente un joker « pas de panique les gars, je nage au club avec Antoine COMMERE » Un fou furieux me pousse en me disant « Et ta grand-mère ». J’arrive finalement en troisième ligne.

Coup de pétard. Et là c’est la guerre. A mon avis, mes agissements auraient mérités un carton plus que rouge. Je mets quelques coups d’épaules. Je saute par-dessus plusieurs athlètes. J’opte pour le déplacement en dauphin, un vrai flipper. Le début est difficile car la visibilité est affaiblie. La cause est cette satanée houle ET la buée dans mes lunettes. J’arrive après le passage de la première bouée à poser ma nage. Et la c’est un vrai régal. Je fusionne totalement avec l’élément. Je décide de respirer du côté de la côte en réduisant les temps de respiration à 4 Temps. Je commence à rattraper quelques concurrents. La partie natation me semble plus longue que d’habitude. Mais, je suis tellement bien.

L’arrivée approche, la sortie de l’eau s’effectue au niveau de la cale des dériveurs. Le passage de l’horizontal à la vertical se déroule sans encombres. Mais les quelques mètres pour regagner le parc à vélo sont raides et pentus.

Je récupère mon torpédo qui commençait à s’inquiéter, rugissant d’impatience. Nous partons ensemble pour réaliser les 40km, en une boucle.  Au départ de l’office du tourisme du Pouldu nous traversons la forêt de Toulfoën avant de rejoindre le centre-ville de Quimperlé. La difficulté du parcours est sans hésiter la montée de la rue de Quimper et le passage devant le Lycée de Kerneuzec. J’essaie de tenir une certaine cadence. Mais saperlipopette, ils ont les crocs ces maudit Bretons. Je me fais doubler par quelques avions qui ne daignent pas me dire « Bonjour » en passant. Eh oui la politesse n’est pas la plus grande qualité de ces locaux. Et là un triathlète de Saint Brieuc me dépasse. Enragé, la bave aux lèvres, je m’arrache pour revenir à sa hauteur. J’éprouve la plus grande peine à suivre son rythme, mais j’arrive malgré tout à son niveau. Je l’interpelle en lui demandant s’il connait Mathieu Cloarec. Sa réponse est rapide et très sèche. « Non » et je lui balance avec une grande fierté. « Bah moi je le connais pauvre crotte » Suite à cette petite altercation, j’explose littéralement. J’arrive enfin au bout de cette seconde partie de course. Je pose délicatement mon vélo à son emplacement.

Et je mets mes runnings, les lunettes. C’est parti pour la dernière ligne droite. Qui d’ailleurs est loin d’être rectiligne. En effet, c’est un véritable trail alliant sentiers escarpés longeant la côte, chemins vallonnés en sous bois et quelques portions de routes. J’adore le parcours, je m’éclate totalement. Ma revanche approche, je redouble quelques participants qui m’avaient scotché à vélo. Et en tant que mayennais d’adoption, je me devais d’être poli. Donc, je glisse à chaque concurrent dépassé « Au revoir ». J’arrive RAPIDEMENT, très heureux d’avoir participé à cette magnifique course, que je recommande à tous ceux qui ne l’ont jamais fait. C’est un véritable délice pour les yeux et un parcours très agréable.

Ce récit a été légèrement romancé. Certains passages ont été (un peu) inventés ou un (un peu) extrapolés dans le but surtout de donner envie à tous de participer à cette sublime course.

J’en profite pour annoncer à tous que je quitte la contrée Mayennaise pour m’envoler vers de nouveaux cieux. Je remercie tous ceux avec qui j’ai partagé des moments, toujours très conviviale et sympathique. J’ai beaucoup appris à vos côtés. Nous nous reverrons certainement mais sous de nouvelles couleurs.