Lénaic fait parti de nos 7 Ironmans Finishers du Frenchman 2017. Plus qu'une épreuve, c'est un investissement sur plusieurs mois qu'il concrétise ce samedi 27 Mai. Retour sur cette épopée.

Retour sur Mon premier triathlon XXL…

Ca fait déjà 2 semaines et ce n’est que maintenant que je réalise que « JE L’AI FAIS » ce premier XXL : le FRENCHMAN 2017.

Tout a commencé par une simple discussion avec 2 ou 3 gars du club Laval triathlon lors de l’AG de fin d’année (comme quoi c’est important d’y aller…hein Julien). Sincèrement dans un premier temps je les ai juste écoutés en me disant que ce n’était pas encore pour moi, que « seuls les balaises pouvaient se lancer dans cette distance de malade ». Finalement ils ont fini par me convaincre …et ils ont eu raison.

C’est vrai que dit comme ça, les distances annoncées (3800m nage, 180km vélo, 42km CAP) peuvent faire peur à n’importe quel triathlète qui comme moi a essentiellement fait des M et 1 half en 2 ans. Mais je vous assure que 50% du travail est fait quand on se dit « ok je vais le faire et je vais me donner les moyens de le finir »

En fin d’année 2016 je me lance donc « progressivement » dans un programme d’entrainement en lien avec ce genre de distance… Et là whaou… c’est fou ce qu’il faut passer comme temps dans l’eau, sur le vélo (surtout) et dans ses baskets… L’organisation de mes semaines est complètement chamboulée… une chance, toute ma petite famille me soutient dans mon projet et accepte ces contraintes sans ciller, « mais seulement jusqu’au 27 mai prochain ». Un énorme merci à eux.

7 mois d’entrainement où j’augmente petit à petit les distances dans chaque discipline et finalement ça passe. Comme quoi quand on veut, on peut ! Ca devient presque un besoin d’enchainer les Km et de sentir que le corps s’adapte. 3 semaines intensives et 1 semaine de récup voilà la trame de base de mon calendrier. Je prends bien sûr quelques conseils auprès des plus expérimentés du club, merci les gars… mais je suis surtout à la lettre le plan de mon coach (c’est facile c’est mon beau père). Du coup c’est 17h de sport en moyenne par semaine, des rtt entiers y sont consacrés et quelques WE aussi (encore merci la famille).

3 semaines avant l’épreuve c’est le drame : très grosse douleur au mollet, ça craint. La je commence à me dire que j’ai fais tout ça pour rien… du coup c’est kiné intensif, osthéo, natation (avec pull boy) et vélo (sans se mettre en danseuse), l’entrainement CAP c’est mort, je vais devoir me reposer sur mes acquis… La douleur s’estompe progressivement jusqu’à disparaitre 5 jours avant l’épreuve : c’est mieux pour le moral…

Week end de l’ascension en famille à Hourtin. Cool il fait beau, les enfants sont chaud bouillants et ma chérie commence à stresser et mon coach me donne les derniers conseils. On est 6 du club dans le même camping, l’ambiance est détendue…

Samedi 27 mai à 7h c’est le départ, je m’élance en repensant à ces derniers mois que j’ai consacrés pour CETTE JOURNEE. Maintenant y a plus qu’à…

3800m (ou plutôt 3900m) c’est long ça laisse le temps de repenser aux cours de Pierre et aux conseils d’Antoine : « sort bien les épaules de l’eau ». L’avantage dans ce genre de distance c’est qu’on ne  nage pas les uns sur les autres et qu’on ne se prend pas de coup (au contraire de Jard Sur Mer 2016 pour ceux qui me comprennent). Je sors enfin de l’eau plutôt frais, c’était l’objectif, ça commence bien.

Rapide petit coup d’œil dans le parc à vélo : les lavallois barbotent encore dans l’eau apparemment. Et c’est parti pour 180 km de vélo : longues lignes droites, plates que j’enfile couché sur les prolongateurs. Il fait très chaud et les ravitaillements tous les 20 kms sont les bienvenus : je bois, je mange… à se dégouter du sucré et des boissons iso. « Allez bientôt ça sera bière et mac do… ».  Le problème quand on boit beaucoup, chose à laquelle on ne pense pas assez c’est que la vessie se remplit : pour moi c’est 3 arrêts pour se soulager avec 48 secondes moy de perdu à chaque fois (je n’avais pas pris ça en compte dans mes calcul chrono…pensez y vous aussi) …Sur le parcours je croise les gars et c’est plutôt sympa : un regard d’encouragement, un petit signe de la main.  Au 140 ème km un arbitre vient lui aussi me faire un petit coucou : pas de bol il n’a pas apprécié que je roule de front et discute avec un concurrent pendant 10-15 secondes. Du coup c’est carton avec 5 min de « penality box » à faire avant la CAP…  Les 180 km sont avalés en 5h05, j’ai de l’avance sur mes prévisions. Arrivé au parc c’est cool je laisse mon vélo à un bénévole qui se charge de le ranger : la grande classe !!!!

Deuxième transition « cool cool » et 5 min en « cage » avec des arbitres qui ne rigolent pas (pas le droit de manger ou même de faire pipi,…). Olivier Hameau en profite pour me doubler en me narguant gentiment : vu comment il galope je suis sûr de ne pas le revoir celui là.

Et c’est enfin parti pour MON PREMIER marathon (des fois ce n’est pas plus mal de ne pas savoir ce qui nous attend !!!) Mon coach me rappelle l’allure théorique et ça tient sur le premier semi… mais il fait super chaud, mon estomac ne peut rien digérer depuis la fin du vélo et les réserves énergétiques arrivent dans le « orange foncé ».  Je continue à boire « par obligation » plus que par envie et les bénévoles nous versent des bouteilles d’eau sur la tête. Du coup dans mes chaussures j’ai l’impression de nager dans un lac, je n’avais pas pensé à ça en m’aspergeant : bêtise à ne pas refaire la prochaine fois !!! Entre le 24 et 30 ème km c’est laborieux : les ravitaillements se font à l’arrêt et je m’éloigne de l’allure prévue. Là je me dis que c’est vrai quand on dit que le marathon se fait aussi au mental. Mes plus grands supporters continus à m’encourager à chaque passage, ça fait vraiment du bien. A 7-8 km de l’arrivée, David arrive à ma hauteur et m’incite à le suivre : ça tient sur 2 ou 3 kms. Mais au ravitaillement suivant, le bonhomme il prend moins le temps que moi. Je pose mon verre et il est déjà 200m plus loin… Je vais finir sans lièvre et au mental….

Je vois enfin l’arrivée au bout de la ligne droite, derniers cris d’encouragements de mes fans, … 2 petites mains qui s’accrochent aux miennes, ce sont mes enfants (ça aussi c’est beaucoup d’émotion…). Ils s’arrêtent sur la ligne et me gratifient d’un « dab » magnifique : super pour la photo… 10h25 d’effort et la fierté d’avoir relevé le défi : JE SUIS UN IRONMAN.

Alors vous aussi, même si vous doutez, tentez l’expérience : c’est une super motivation pour les entrainements, une bonne façon de connaitre ses limites physiques et psychologiques et une très grande fierté pour soit même d’atteindre cet objectif qui semblait énorme 7 mois auparavant.

Sportivement

Léna