5 triathlètes Lavallois ont fait le déplacement ce weekend dans les Gorges du Verdon pour le Natureman Var.
Notre Président, Julien Côme, n’a malheureusement pas pu participer une deuxième fois à cette belle course en distance L, mais il nous a bien encouragé : Régis Mahé, Gaëtan Vivien, Faustine Fillon et moi-même Emmanuelle Mahé.

Pour Régis et moi, cette course, cochée au calendrier depuis un an, était le clap de fin d’une belle série de L après le 70.3 Ironman de Aix en Provence en mai et les Championnats du Monde 70.3 à Chattanooga il y a un mois. Un peu difficile de s’entrainer jusque si tard dans la saison, mais la récompense est là avec une très belle découverte de la région et une épreuve d’exception tournée vers le respect de la nature.

Pour ma part, après une partie natation un peu difficile où je n’ai pas réussi à trouver mon rythme habituel, j’ai profité du paysage en vélo tout en ne relâchant pas mon effort. A pied, je suis partie sourire aux lèvres et j’ai galopé tout le premier tour avec un bon rythme retrouvé presque comme sur ma dernière course, le duathlon de Noyon. Régis me double plus loin que je n’aurais pensé. Je croise Gaëtan qui part vers l’arrivée. Je commence mon 2ème tour toujours tout sourire, les jambes sont encore bonnes et puis tout d’un coup vers le 11ème km plus de jambes du tout. Je fais une pause pipi pour essayer de me relancer, mais ce n’est plus possible je passe en mode footing et je marche dans toutes les petites côtes (les 2 grosses côtes de ce parcours en trail, je les ai déjà passées en marchant même au premier tour !). Je décide alors de me dire que ce n’est pas grave, j’ai bien couru au premier tour, ça fera une course fractionnée un tour vite, un tour lent ! Je profite encore plus du paysage en bord de lac. Je retrouve un peu de jambes 2kms avant l’arrivée, je redouble un peu et puis c’est le sprint final, l’euphorie, les tambours de l’arrivée, une tape dans la main de la speakeuse, une tape dans la main de mon mari et le bisou immortalisé par le photographe officiel. 
6h19min pour une très très belle course et un classement de 46ème  femme, 10ème de catégorie et 603ème au scratch sur 1106 classés. Belle fin de saison.
J’ai du mal à choisir un plus beau parcours entre tous les L que j’ai déjà fait depuis 2012 : Royan, St Aubin du Cormier, Saint Lunaire, Vichy, Aix en Pce, Chattanooga et pour finir ce fameux Natureman. Que du bonheur de découvrir ces paysages sur cette distance.

Quelques mots de Régis, 17ème au scratch, 3ème de sa catégorie en 4h 48min :
« Un peu éprouvé par l’après Chattanooga, je ne savais pas trop quels seraient les niveaux de forme et d’envie. Une fois sur place, je me suis vite rendu compte au fur et à mesure des repérages que le parcours serait très sympa, mais aussi très exigeant ! C’est assez bizarre, mais c’est presque cette difficulté qui a commencé à me motiver la veille !

Sachant que Gaëtan n’allait pas m’attendre, et un dossard sur le dos faisant toujours son effet, je suis parti tambour battant en vélo une fois sorti de cette sacrée natation ! Je me suis par contre vite fait calmer par la difficulté du parcours, « L’enfer du sud », déjà je sentais que mes jambes faiblissaient depuis quelques km, mais elles se sont mises à crier à cet endroit et j’ai bien subi la bosse en me faisant doubler pour la première fois de la course ! Je finirais quand même correctement le vélo pour attaquer sereinement la course à pieds : 20km de trail ! Extra en théorie ! Le premier tour sera bien mené en gérant les difficultés. J’y rattraperais Gaëtan (Ouf ;-) ). Le deuxième tour sera lui beaucoup plus dur ! Cela faisant bien longtemps que je n’avais pas subit une fin d’une course à pieds comme ça ! Le bonhomme était usé en ce mois d’octobre !

Ce Natureman restera vraisemblablement un super souvenir ! J’avais peur que ce soit la course de trop, au final cette belle épreuve clôture la saison en beauté ! »

Pour Gaëtan et Faustine, c’était une première sur cette distance.

Voici le résumé de Faustine :

« Je romps avec mon habitude : pour une fois je raconte, et longuement. Un premier half, un premier parcours en montagne, un premier semi et envie de faire un résumé de ma course, d’abord pour moi-même pour me souvenir, et puis aussi pour ceux qui comme moi franchiront le pas sur cette distance et notamment sur cette magnifique et dure épreuve du Natureman Var. 1300 au départ, 200 femmes, des bénévoles et spectateurs au top, et un panorama magnifique.

Matin de l’épreuve : timing parfait pour se préparer tranquillement dans le parc à vélo (c’est rare me concernant :- ) )donc plutôt sereine, et je suis à coté d’Emmanuelle dans le parc donc c’est chouette, on se prépare à 2. Puis il est temps de se diriger vers la « plage », ou plutôt la berge pleine de galets. L’eau est à 19,5° C paraît-il, je la trouve légèrement fraîche mais très bien. Le départ en courant dans les gros galets me laisse imaginer ce que sera ma course avec ma cheville : douloureuse. Après les premiers coups de bras, je réalise à quel point c’est joli, l’eau est transparente et on voit les plongeurs sous nous c’est marrant. Je lève la tête et je vois que les habituées des courses internationales ont déjà pris le large avec un départ en boulet de canon. Pas grave, de toute façon je ne fais pas le poids. Première bouée passée et direction la berge opposée pour une sortie de l’eau « à l’australienne », dans les galets bien-sûr. Impossible de me lever dans les galets et de marcher… Je réalise que pas mal de filles étaient dans mes pieds car elles me passent toutes devant. Je tombe et je marche avec les mains par terre comme je peux, je trottine, puis faut se rejeter à l’eau. Même galère. Bref, je rattrape les filles qui m’ont mis plusieurs mètres. Et là on nage toutes groupées jusqu’à l’arrivée. Je me repose d’abord un peu en étant dans les pieds, je sens la différence. La cheville me fait mal depuis le début et le pied commence à partir en crampe. Après une erreur de direction on oblique à la perpendiculaire pour choper la bouée qu’on était en train de louper. Jusqu’à l’arrivée les filles sont à nouveau dans mes pieds. On nage à 2 devant, exactement au même rythme, ça soutient un peu c’est sympa. C’est passé assez vite cette partie natation.

T1 : direction le vélo. Il fait frisquet. Je mets une veste sans manche (merci Manu) et je pars pour 90 km. J’ai la voix de Régis en tête qui me dit : surtout n’oublie pas de manger ! Une voix que j’entendrais tout le long de ma course, soucieuse d’éviter le coup de bambou ! On a 4km relativement plats avant de commencer la première côte en lacet d’environ 7km. Sur la feuille avec le dénivelé, ça fait peur. Je me fais doubler par la future 3ème.  Je suis 8 ou 9ème. Ma première barre m’échappe des mains, barre que Manu aura reconnu quelques minutes plus tard en plein milieu de la route ça nous a fait rire après coup…  je monte tranquillement, je me sens bien. Un monsieur là à vélo pour supporter un ami fait quelques mètres avec moi et on cause un peu (pas trop, j’ai mon souffle à garder !) il m’encourage, c’est sympa. Les premiers me doublent vers la fin de la côte, Bertrand Billard et Kévin Runstadler. Wow on n’a pas les mêmes armes, ça dépote ! Le parcours est un mélange de longues montées et de descentes dans lesquelles je vais éviter de me casser le cou mais sans faire trop ma mamie non plus. Le panorama est superbe car au début plus on monte plus on surplombe le lac de Sainte Croix. On entend les voix au loin des commentateurs au parc à vélo. Avec le soleil qui se lève l’eau semble aussi de plus en plus bleue. Un panorama de rêve ! Le temps se réchauffe, c’est cool aussi. Je me dis que je suis heureuse d’être là. Certains comprendront. L’enfer du sud qui porte bien son nom, vers le 40ème km, me semble interminable. Ça cloue sur place ! J’aurais bien voulu 2-3 vitesses de rab. D’ailleurs Régis me double dedans. Pas envie de poser le pied à terre mais pourtant qu’est ce que ça ferait du bien aux cuisses… J’ai laissé filer la 2ème fille qui m’a doublée et que je gardais en ligne de mire. Le petit orchestre tout en haut est drôle, je continue le sourire aux lèvres. Le paysage change, on se dirige vers les champs de lavande. Bizarrement, y’a plus un chat, et un monsieur qui me double me le fait remarquer. Bon, lui aussi me laisse toute seule snif. Je plaisante. Pendant quelques kms je profite du paysage seule, puis petit à petit on est à nouveau beaucoup sur la route. Pas la peine de préciser que je me fais doubler régulièrement, normal ! A fond les gars ! Je suis toujours aussi contente d’être là. A compter du 50ème je me dis qu’il reste l’équivalent d’un M, donc parfait ! L’usure se fait quand même sentir, y’a pas à dire faut un entrainement spécifique dans les cols pour encaisser le parcours. J’ai peur d’y laisser trop de plumes je mouline beaucoup sur le petit plateau dans chaque montée ; et j’avance pas vite. Je peine. Et puis je ne me souvenais pas avoir repéré autant de montées en voiture. J’en ai un peu marre, elles sont quand même bien longues. Quelques  autres filles me doublent, peut-être 3 voire 4, mais pas beaucoup. Ca ne me démoralise pas ; chacun son rythme. Et puis je veux finir la course à pied. Ne pas faire tout ça pour rien. Arrivent les 10 derniers km de descente avant l’arrivée et bizarrement  je redouble facilement celle qui m’avait lâchée dans l’enfer du sud. Je revois aussi le monsieur du début, qui se met dans ma roue puis repasse devant (suffisamment loin je précise), comme pour me motiver et que je ne perde pas le rythme. Il me souhaite bon courage pour la course à pied et je le reverrais d’ailleurs sur le parcours.

C’est là que la réelle difficulté arrive me concernant. Bon, je me force à manger un peu, je me mets des pansements qui n’auront pas tenu et je commence à courir. Une crampe pointe le bout de son nez, 20,3km à courir en deux boucles, une première, sous la chaleur et dans la caillasse. Mais toujours ce paysage… ! Premier chemin en terre et avec des pierres, pied forcément pas à plat, ouch… première douleur d’une longue série. Je n’ai jamais couru aussi lentement, marché non plus. Je me doutais que ça allait être dur, mais le vivre c’est différent. Je n’étais pas sûre de pouvoir finir. Le parcours est vraiment sympa en soit mais pas adapté pour moi actuellement. Je ne vivais que pour arriver aux ravitaillements tous les 3 km. Et là je dois avouer que j’adore l’esprit du half (de ce half.. ?), où on s’arrête sans culpabiliser pour manger, boire, marcher … sans stress. Les petits jeunes qui nous ravitaillent sont drôles d’ailleurs à nous vanter les bienfaits des produits proposés. Et j’ai beaucoup apprécié aussi le fait qu’on ne soit jamais seul, un vrai chassé croisé d’athlètes ! Certaines des filles qui me doublent m’encouragent, notamment quand je suis arrêtée sur le bas côté. Trop sympas ! On se croise toutes et tous sur le parcours à pied entre premier tour et second tour (bon j’ai croisé personne du club). Et j’encourage aussi celles que je double. On en bave toutes, y’a pas de raison. Au 15ème km j’ai arrêté de me focaliser sur mes sensations et je n’avais plus en tête que d’arriver. C’est à partir de là que les km m’ont semblé moins longs. L’arrivée : une vraie délivrance ! Enfin ! Et un sacré buffet d’arrivée il faut le dire! Terrible !

Je finis 33ème féminine, 10 ème de ma catégorie d’âge et 419ème  au scratch mais la place n’a pas vraiment d’importance, je suis juste contente d’avoir fait ma course de la saison, accompagnée de personnes que j’apprécie. Le seul challenge d’ailleurs, que je n’aurais loupé pour rien au monde. Maintenant reste à remarcher normalement sans avoir l’air d’une grand-mère ;-) »

Gaëtan finit quand à lui 26ème Scratch, 3ème en Senior 2. 

Félicitations à tous.