Vision d’athlète.

Si tu n’as pas envie de lire, Nous te faisons un résumé :

Le Laval Triathlon Club est Vice-Champion de France de Duathlon 3ème Division et obtient par la même sa place en 2ème Division Nationale avec un vrai championnat !

Si tu as envie, Gaëtan te propose de revivre la course, à sa manière.

 

Chapitre 1 : Veille de course.

                Le Nord… Noyon... Merci le duathlon... Sans lui je ne me serais sans doute jamais aventuré dans cette région aux briques rouges et au ciel gris. Menteur ! Il a fait beau ! Bref… Samedi 23 Septembre. Le Laval Triathlon Club s’en va en campagne. 5 gars, 3 filles, 3 accompagnants. 1 Mini-bus, 1 remorque bâchée, 1 voiture et l’aventure peut commencer. Entre défaut de clim’ et bouchons parisiens, la route semble longue mais l’équipe est bonne et elle adoucie la pénibilité.  Le stresse est très bien dissimulé. Les personnes présentes l’an dernier savent que je peux être une pile électrique à l’approche de ses courses à adrénaline. Mais cette année, je ne sais pas pourquoi, je suis malgré tout assez serein, sans trop savoir si c’est par la confiance que me donne cette équipe ou si c’est par le fait que je sache que contre toute vraisemblance, je me destine à faire 5ème de l’équipe si notre « plan » fonctionne.

                Les gars sont chauds. On a partagé les séances clés. Les chronos sont là, il y a eu des hauts et des bas qui me rassurent et qui me disent qu’on est peut-être dans le vrai côté entrainement. On n’est pas champions du monde, mais on arrive avec des chronos dignes de bons D3 et surtout dignes de notre niveau…  Après on reste sur un duathlon, qui plus est un multi-enchainement où les détails font le résultat final. Guillaume et Romain se chamaillent sur les séances VMA pendant que Gwen nous aligne tous sur les efforts longs. Pierre revient de nulle part, enfin si… d’Angleterre. Je ne sais pas ce qu’il a mangé là-bas, mais on le retrouve comme on l’avait laissé en Juin. Et moi, l’absent de début de saison, je me surprends à « être dans le game », pas devant mais pas largué non plus.. Ouf… Les voyants sont au vert mais on reste prudent sur la confiance affichée.

                Jul’s nous a mis dans un cocon avec une chambre d’hôtes chez des hôtes eux aussi aux petits oignons pour nous ! Romain est là aussi, chauffeur désigné pour que ces athlètes puissent faire comme les pros. Stéphane accompagne ces dames, de la partie elles aussi pour leur finale. Débriefing de briefing autour d’un repas. Rien de nouveau, pas de surprises. C’était comme on l’avait prévu. C’est déjà ça. 23H tout le monde au lit, certains s’endorment vite… d’autres tournent en rond…  

Chapitre 2 : La route est Rectiligne.

6H20 Réveil. Débriefing de la nuit…  «  T’as bien dormi ? – Non. – Ah okay moi nickel ». L’hôte est déjà au taquet. On se croirait dans un hôtel. On nous sert le petit déj’ s’il vous plaît. On est presque gêné de devoir refuser les viennoiseries encore chaudes que le mari est parti chercher. On a l’impression d’avoir réveillé tout le monde… Même le boulanger…

                Tension palpable quand même. Les mots se font rares. Certains, à la manière des Stars de NBA, endossent leurs casques Marshall ou Bose pour se mettre dans le match. J’vous le dis-moi ! Qu’est-ce que ça sera quand on sera au départ d’une WTS ! Ça fait partie du jeu… Ça prouve que les gars ont compris qu’on n’est peut-être pas sur une course galette-saucisse et qu’on n’allait pas avoir des débutants face à nous. La route est rectiligne pour aller à Noyon. C’est tout droit. Y’a du « Petit-Biscuit » à la Radio. Je n’en ai même pas profité en grand fan que je suis… Mais là j’avais vraiment envie d’un bon « Believer » d’Imagine Dragons. L’avant-course est à l’image de la route : Rectiligne. RAS jusqu’au départ. Ca s’observe entre clubs. Personne ne se connait. La D3, on se voit 1 fois par an et encore… pour ceux qui reviennent. Et je ne suis pas assez physionomiste pour mettre un visage sur les noms. Ah si ! Y’a bien Célestin Guillon du MAT72 ! Lui on le connaît. Il a traumatisé tous mes collègues sur la première partie de saison ! Vu qu’on ne connaît personne, on reste bloqué sur le paraître des coureurs : « Oh Putain ! Il est affûté lui ! Il va courir vite ! » . Bon allez les gars, arrêtez vos conneries ! Chambre d’Appel tout de suite !

Chapitre 3 : 55 minutes dans une bulle.

                J’avais tenté de rassurer Guillaume en lui parlant d’une allure de 3’20 sur le premier 3000 qui devrait nous permettre de voir la tête à T1… Ba ça, ça s’est pas passé comme prévu. Le premier kilo en 3:00, celui-ci on s’y attendait ! Mais logiquement, au bout d’un moment les cadets se couchent et l’allure ralentie. Et bien loupé ! Le train continue. Je n’ai pas beaucoup douté sur la course mais j’avoue qu’arriver à T1 en jouant TOP15 et en me retrouvant 1er lavallois à mon vélo… Ça m’a foutu les jetons !  Je fais un rapide compte sur les premiers kilomètres Vélo. Tout le monde est là. 5 casques Orange. On va pouvoir se replacer. On assure gentiment. Le deuxième 3000m sera plus important. On repart de T2 avec Pierre aux avant-postes. Mais que font nos coureurs ?!! Je ne faisais pas le malin sur le premier tour. Moi et mes grosses cuisses, on n’aime pas trop les petits jeunes tout secs qui courent 3’10-3’15 en respirant par les oreilles. Ouf ! Les gars temporisent. Ils se permettent même de discuter... Ces jeunes je vous jure... Fin du premier tour, j’ai l’impression que si je me retourne je risque de perdre les baskets du mec de devant moi... Et c’est Amandine qui va me rassurer en me gueulant dessus : « Les gars sont justes derrière toi !! ». On déroule sur le 2ème tour. Dans un élan de sur-confiance, je me permets même de lever un poing fermé au ciel en disant à mes collègues que ça sentait bon… Avec le recul, je me suis un peu enflammé.  On était encore 20-25 dans le peloton de tête, et les trifonctions étaient bien identiques…

Après une montée de vélo chaotique où même Romain a eu pitié de moi et m’a aidé à monter sur mon vélo, on se retrouve rapidement dans ce noyau de tête. Bon maintenant, on fait le bilan. On a 5 lavallois dans ce groupe de 20, le Stade Français est bien présent, j’ai mon allié Célestin avec qui je peux bosser… Et surtout je suis très mauvais sur l’exercice qui nous attend, ce fameux 1500 où il va falloir débrancher le cerveau et courir très vite. Conclusion : Gaëtan… Tu as tout intérêt à tenter un truc en vélo. J’en informe mon allié du MAT72, un peu perplexe mais bon on va essayer. Sauf qu’en fait, tout le monde a envie d’y aller et en même temps personne n’a envie de laisser filer une échappée. Attaque finale abrogée, Pierre en en retentera une dernière avant de rentrer au parc. Match Nul, Tout le monde pose les vélos et c’est l’explication finale.

Pour changer, nos coureurs restent bloqués en transition… A ce petit jeu, Pierre et moi on s’offre un podium… Malheureusement il restait 1350 mètres… Gros pépère est encore 6ème à 500m de la ligne… Mais c’était sans compter sur mes collègues et quelques gus en plus qui viennent me déposer proprement un à un jusqu’à la ligne.  M’en fout ! J’externalise le peu d’énergie qu’il me reste en gueulant dans les 50 derniers mètres. 3 ans que je rêve de cette scène. Faut me comprendre.

Le résultat final vous le connaissez. Laval évoluera en 2ème Division l’an prochain. On a réussi notre pari, celui de faire sortir Laval de sa Mayenne. A nous de relever le prochain défi, faire perdurer cette aventure, parce que j’vous jure, on y laisse de l’énergie pour monter.

Et pour finir spéciale dédicace à Hervé ! Tu te souviens de notre première conversation en 2014 sur les bancs de la piscine alors que je ne savais pas mettre un pied devant l’autre ? Moi je m’en souviens comme si que c’était hier ! « - La D3 ? Pff Oublies ! Ca court trop vite ! ». Merci ! Tu as été un Leitmotiv pendant 3 ans ;)